Logos vintages avec des hommes exceptionnellement forts


Photo : Ben White

“Mon produit, c’est le plus fort” semblent clamer les personnages mis en scène dans ces logos. Chacun d’eux présente un homme à la vigueur exceptionnelle.

Cette première série de mascottes d’hommes balèzes fait la part belle aux héros bibliques (Samson) et mythologiques avec un Hercule, beaucoup d’Atlas et un Goliath.

Plus modernes, les représentations teintées de gigantisme présentent des hommes à la taille démesurée, capables de soulever un camion comme s’il s’agissait d’un modèle réduit. Cette imagerie d’êtres aux proportions excessives n’est pas sans évoquer la science-fiction des années 1950-60.

Parmi les douze marques françaises publiées ici, on peut retrouver quelques traces laissées par leurs titulaires.

La figure d’Hercule a été déposée par la société anonyme des Etablissements Fould Springer. Cette société est aujourd’hui devenue BioSpringer, laquelle est intégrée au groupe Lesaffre. Ses origines remontent à 1872, avec l’installation, à Maisons-Alfort, du baron autrichien Maximilien de Springer (Fould-Springer et la levure 126 ans d´histoire commune, par David Charpentier, Le Parisien, 5 aout 1998).

Les Ciments Portland Artificelles d’Origny-Sainte-Benoîte, société déposante de la marque “L’Univers” avec un Atlas debout, a été crée en 1908. On trouve la trace de la partie nominale de la marque sur des plombs de scellés, prisés de certains collectionneurs. Après de nombreux transferts et fusions, elle est intégrée à EQIOM, société rattachée au Groupe Irlandais CRH.

La marque suivante a été déposée en 1936 par M. Chu Venh Noc, qui résidait alors rue des Voiles à Hanoï. Cette artère pourrait être la rue Hàng Buôm. Les termes “khang kiện” qui accompagnent le colosse signifient “en bonne santé” en vietnamien.

Le Green Giant est connu en France depuis les années 1960 comme le Géant Vert. L’origine de la société américaine remonte à 1903, avec la création de la Minnesota Canning Company, qui produit des conserves de maïs doux et de petits pois.

En 1925, apparait le personnage du Green Giant, qui “tire son nom d’une variété de petit pois plus grande que la moyenne.” Son aspect, rendu plus sympathique grâce au talent de Leo Burnett, et son cri “ho ho ho” -semblable à celui du Père-Noël-, en feront un personnage publicitaire parmi les “plus connus dans le monde, avec Ronald McDonald et le Marlboro Man” (Le Géant vert, debout dans la vallée depuis 1928, Marie Catherine Beuth, Le Figaro, 21 août 2012). Une statue de 17 mètres du Géant Vert a été érigée à Blue Earth, à l’initiative de l’animateur d’une radio locale.

Les Bennes Samson de Saint-Étienne ont fermé leurs portes en 1988. Samson apparait comme l’inventeur du système multi-bennes (“Le portique multi-caissons est créé dans l’immédiat après-guerre par les bennes Samson à Saint-Etienne […]”, Charge Utile Hors-Série n°52, cité sur ce forum). Toujours largement utilisé, ce système qui a donc été créé dans les années 1950, et ensuite été popularisé par Marrel, permet de déposer et de laisser un benne sur un chantier, sans immobiliser le véhicule (Graphite Garage).

Le dessin du géant qui soulève, d’un seul bras, une automobile a été déposé en 1960 par Técalemit. Des élévateurs pour ponts automobiles étaient ainsi désignés en 1960. Cette société propose aujourd’hui des tuyaux et tubes souples, des flexibles et des raccords. Elle a été créée en 1922 par Emile Piquerez et Joseph Christe. Au départ, la société proposaient aux propriétaires de voitures de changer rapidement leurs graisseurs. Emile Piquerez était l’inventeur du graissage sous pression, avec agrafe d’accouplement par simple accrochage. Il baptisa ce système “THÉCLA”. “Joseph Christie, de son côté, avait réalisé un accord aux Etats-Unis avec la société “ALEMITE“ par lequel les brevets Piquerez étaient cédés à cette société, pour l’Amérique, en échange de ses propres brevets de graissage, avec raccord à baïonnette pour l’Europe” (Tecalemit). La combinaison de ces deux noms, Thécla et Alemite, donna naissance à la marque TECALEMIT.

Enfin, le dessin d’un géant, légèrement vêtu face aux flammes et qui manipule deux extincteurs “BLOC FEU“, a été déposé par Charles Compère en 1943. Le graphisme de ce colosse protecteur a été exploité par sa société, Bloc Feu Protection Sauvegarde Patrimoine, dont l’origine remonte à 1939 et que la famille continue de diriger.



Cet article fait partie de la série : Hommes costauds Articles déjà publiés dans cette série :
Précédent #ActuPI : revue de presse du pMdM du 25 mars 2020
Suivant L'Intelligence Artificielle peut-elle améliorer ces dix logos dessinés à la main ?

Aucun commentaire

Publiez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.