Le préfet Eugène Poubelle, l’empereur Vespasien et le contrôleur général des finances Etienne de Silhouette ont en commun le fait d’être passés à la postérité par antonomase. Bien moins directement, le pâtissier Joseph Frisbie a aussi donné son nom en héritage à des objets. Les Candido Jacuzzi ou autre Louis Renault ont des liens plus directs avec les marques éponymes.

Mais pour en revenir à M. de Silhouette, dont le patronyme est devenu un nom commun dans une trentaine de langues, il s’agissait d’un adepte de Confucius. Ce n’est pas là le lien entre son nom et les ombres chinoises (expression dont l’étymologie est éclairée par des bibliothécaires lyonnais). Décrié par la noblesse pour ses réformes fiscales M. de Silhouette voit son nom d’abord associé à des pantalons sans poches, dits à la Silhouettes car on ne pouvait ainsi avoir d’argent sur soi, avant que son patronyme ne devienne synonyme de mesquin ou inachevé.

Les portraits en ombre portée ont-ils pris son nom du fait de leur économie de moyens ou bien car celui qui fût également un philosophe des Lumières « avait pris l’habitude de faire asseoir ses invités près d’un écran de parchemin, les éclairant avec une lampe de sa propre conception et détourant leur ombre«  (Philip Dodd cité par Wikipédia) ?

Réclame pour les produits de Madeleine Abramin, titulaire de l’une des marques ci-dessous.

Toujours est-il que, comme le montrent les publications de marques ci-dessous, la technique a été prisée par les Frères Bonetti (Diadermine), par une société Auscher Degrave et Robert Boiteau Réunis, par la société fondée par Hans Schwarzkopf (dont le nom correspond au logo), par Philips Industrielle et Commerciale, par la société des Produits de Beauté Isabelle Lancray (société crée en 1940 et passée sous l’égide de Dr Rimpler GmbH), par les savons Paul Tranoy de Tourcoin (aux emballages exotiques et colorés vendus aux enchères), par les cousins Claudius Rivoire et Jean-Marie Carret, par les Établissements C. David-Rabot façonniers de médicaments fondés en 1904 (aujourd’hui sous enseigne Inpharmasci), par la société Vinocole Midi-Rhône (dont la marque Faraghi a été développée par la Famille Andrieu), par la société Astra, par une marque de vêtements « de classe internationale », pour identifier dès 1954 des antennes de téléphonie sans fil, ou encore pour identifier la Teinturerie Populaire du Havre (qui a ouvert ses portes en 1936).

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A propos de l'auteur

Frédéric Glaize

Conseil en Propriété Industrielle (dessins & modèles, marques), chez Plasseraud IP.
Créateur et éditeur du site pmdm.fr.

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