Cinq logos d’hommes heureux dans l’oisiveté

Pour eux, la béatitude commence par un bon fauteuil

Photo : Sam Barber

Un bon fauteuil et une paix royale sont de rigueur. Ajoutez, selon le cas des pantoufles, une pipe, une cigarette, ou du cognac et nous avons là l’archétype de l’homme heureux, savourant un moment de pure relaxation.

La sérénité transparait dans ces cinq marques françaises, déposées entre 1937 et 1966. L’apport d’une parfaite tranquillité d’esprit et d’un bonheur sans nuage est la promesse que font ces marques au consommateur.

Si on les a regroupées ici en raison du thème commun qui s’en dégage, la plupart de ces marques sont les témoins d’une histoire industrielle, commerciale voire artistique, qui remonte dans certains cas au XVIIIème siècle.

Le premier personnage, celui qui est assis de profil et dont la banque est le C.I.C., a été dessiné par Raymond Savignac, un affichiste majeur de la seconde moitié du XXème siècle (à propos duquel un article du site index Grafik est un bon point de départ).

C’est à lui que l’on doit, par exemple, le bonhomme Bic ou encore l’affiche de la vache Monsavon, ainsi que de nombreuses autres affiches publicitaires ou pour des films et des spectacles.

Les Établissements Amos et Compagnie, dont le produit phare était cette paire de pantoufles de l’Ami Fritz, est une société dont l’origine remonte à 1795. Avant sa disparition en 1987, elle a été un des plus gros fabricants de pantoufles.

Le héros du roman d’Erckmann-Chatrian, représenté sur le visuel de la marque et sur l’emballage des pantoufles, est un personnage jovial, qui se dit le plus heureux chez lui, “en manches de chemise, les pantalons serrés aux hanches, les pieds dans ses pantoufles“.

Amos avait une usine à La Neuveville-lès-Raon qui a produit 6 millions de paires vers la fin du  XIXème siècle. A son heure de gloire, elle faisait vivre “les 8/10ème de la population locale” (selon ce site au contenu intéressant, mais qui comporte des liens peu recommandables: http://raon-l-etape-tome4.blogspot.com/p/les-usines-amos-cie.html). L’illustration ci-dessous donne une idée de l’importance de ces établissements.

Le troisième personnage bénéficie des services des établissement marseillais Réparvitt, lesquels n’auront pas laissé de trace durable après ce dépôt de marque en 1937.

En quatrième position, le gentleman entouré d’une nuée de bouteilles et qui savoure un Cognac, incarne la maison Jas Hennessy, fondée en 1765 et qui ne représente rien de moins que le H de LVMH.

Le cinquième personnage, inscrit dans un triangle, se repose entièrement sur Delepoulle, et ceci au sens propre puisque le nom de la marque prend la forme d’un fauteuil.

On retrouve ce motif au centre d’une affiche datée de 1926, sur laquelle s’affairent carreleurs, peintres, poseurs de papier-peint.

La société parisienne Delepoulle, spécialisée dans la décoration d’intérieur et dont on trouve des traces remontant à 1903, a disparu à la fin des années 1980. Certains de ses catalogues refont surface lors de ventes.

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